Etude Assurance Prévention sur le kit mains libres
Et si le danger du téléphone au volant ne venait pas de ce que l’on regarde, mais de ce que notre cerveau ne parvient plus à traiter ? C’est ce que révèle une étude menée par Assurance Prévention sur les simulateurs Develter Innovation. Grâce au suivi du regard Tobii, les chercheurs ont montré qu’en conversation téléphonique, les conducteurs continuent majoritairement de regarder la route. Pourtant, leurs performances de conduite se dégradent fortement, jusqu’à multiplier par trois le nombre d’accidents observés.

Une étude scientifique en conditions contrôlées

Réalisée dans les locaux de Develter Innovation à Voisins-le-Bretonneux, l’étude a réuni 26 conducteurs âgés de 21 à 59 ans. Chacun a effectué deux parcours strictement identiques de 37 km reproduisant un départ en vacances : 3 km en ville, 17 km sur route départementale et 17 km sur autoroute.

Le premier trajet s’est déroulé en conduite normale. Lors du second, les participants ont échangé de manière quasi continue avec une intelligence artificielle lors d’une conversation téléphonique. Au total, plus de 1 924 km de conduite, soit près de 26 heures de données, ont été analysés.

Grâce au système de suivi du regard Tobii, intégré aux simulateurs Develter Innovation, les chercheurs ont pu enregistrer en temps réel les zones regardées par chaque conducteur, ainsi que la durée et la fréquence de fixation.

Le paradoxe : les yeux restent sur la route, mais le cerveau décroche

Premier constat : lors d’une conversation téléphonique, les conducteurs continuent de regarder majoritairement la route.. À première vue, la conversation ne semble donc pas affecter la conduite.

Pourtant, les performances de conduite se dégradent nettement :

  • +20 % d’excès de vitesse
  • +107 % de flashs lors des contrôles radar
  • +84 % d’erreurs de suivi GPS
  • +24 % de freinages brutaux
  • +206 % d’accidents (nombre multiplié par 3)

 

À cela s’ajoute une augmentation du clignement des yeux de 57 %, signal physiologique indiquant une baisse de vigilance.

La charge cognitive de la conversation accapare progressivement les ressources attentionnelles : le conducteur continue de regarder la route, mais l’information n’est plus encodée ni analysée.

La simulation au service de la prévention

Ce type de phénomène est pratiquement impossible à mesurer dans des conditions réelles. Le simulateur permet en effet de faire parcourir exactement le même itinéraire à chaque participant, dans des conditions parfaitement reproductibles, tout en collectant des données objectives sans exposer les conducteurs à un risque réel.

Associée au suivi du regard Tobii, la plateforme de simulation Develter Innovation permet ainsi d’objectiver des mécanismes cognitifs invisibles que les seuls indicateurs de conduite ne permettent pas de détecter.

Cette étude illustre l’apport de la simulation à la recherche et à la prévention. En reproduisant des situations de conduite dans un environnement maîtrisé, elle permet de révéler des mécanismes cognitifs invisibles en conditions réelles et de mieux comprendre les facteurs qui conduisent à l’accident.