La fatigue au volant : savoir reconnaître les signaux d’alerte

La somnolence est responsable de 19 % des d’accidents mortels sur autoroute selon l’Association des Sociétés Françaises d’Autoroutes. Pourtant, de nombreux conducteurs continuent de sous-estimer ce risque, persuadés de pouvoir « tenir encore un peu ». Une illusion dangereuse.

Les micro-sommeils, phases d’assoupissement d’une à quatre secondes, jouent un rôle central dans les accidents liés à la fatigue : à 130 km/h, ils équivalent à parcourir jusqu’à 150 mètres à l’aveugle.

Or, ces micro-sommeils sont favorisés par un manque de sommeil devenu chronique chez les Français. Selon le Baromètre santé de Santé publique France, le temps de sommeil moyen est tombé à 6h42 par nuit, et un tiers de la population dort moins de six heures.

L’étude menée par Assurance Prévention en 2023 à l’aide d’un simulateur Develter a permis de mesurer concrètement l’ampleur du danger. Après une nuit réduite à 3h53, contre 7h17 habituellement, le risque d’accident a été multiplié par six. Parmi les participants, 24 % ont eu un accident lors de la simulation après cette nuit écourtée.

Le simulateur : révéler l’invisible grâce au suivi du regard

Avant de basculer dans la somnolence, le corps envoie des signaux clairs :

  • Problèmes de vision : picotements des yeux, paupières lourdes, clignements répétés, regard qui se fige.
  • Manifestations physiques : raideur de la nuque et des épaules, bâillements fréquents, engourdissement des jambes.
  • Évolution du comportement : baisse de concentration, irritabilité, difficultés à maintenir une trajectoire stable, besoin constant de changer de position.

Chez Develter Innovation, le suivi du regard développé avec la technologie Tobii permet de détecter et de quantifier ces signes de fatigue, que le conducteur ne perçoit pas toujours, ou qu’il a tendance à minimiser. Cette technologie enregistre en temps réel les clignements des yeux, les fermetures prolongées des paupières et les moments où le regard se détourne de la route.

Une expérience menée avec l’association 40 Millions d’Automobilistes sur six heures de conduite a livré des résultats particulièrement révélateurs. Les trois volontaires ont cumulé jusqu’à 1 739 fermetures des yeux en deux heures, soit plus de 18 minutes passées sans regarder la route. Les écarts de trajectoire ont triplé entre le début et la fin du parcours, illustrant une dégradation progressive et mesurable des capacités de conduite.

Ces travaux menés à l’aide de nos simulateurs démontrent l’intérêt de la simulation pour former les conducteurs à reconnaître leurs propres signaux de fatigue. Le simulateur permet d’évaluer objectivement les capacités des conducteurs professionnels, de tester les effets de l’hypovigilance en toute sécurité, et surtout de prendre conscience de phénomènes invisibles à l’œil nu mais déterminants pour la sécurité de tous.